Anatole traîne derrière lui une casserole rouge qui l’empêche d’avancer. Elle entrave son chemin et le fait trébucher. Image poétique désignant un fardeau, la casserole renvoie à nos propres limites, aux préjugés qui nous encombrent face à la différence. Adaptée de l’ouvrage éponyme d’Isabelle Carrier publié aux éditions Bilboquet (Prix Sorcières 2010 du meilleur album), cette version marionnettique aborde avec finesse la question du handicap. Surtout, elle nous apprend à voir avec les yeux d’Anatole, à respirer avec lui, à régler les battements de nos cœurs sur les siens.

Comme le personnage de Georges dans Le Huitième jour, le film de Jaco Van Dormael, Anatole et sa casserole incarnent une autre façon d’être, un rapport au réel qui autorise la merveille à tous les âges de la vie. C’est bien pourquoi ce spectacle de marionnettes s’adresse aux petits et aux grands, du moment qu’ils restent sur la même longueur d’ondes, qu’ils consentent à l’impossible et au bizarre. Pour Anatole, tout est étonnement. Ce qu’il demande, c’est qu’on le rejoigne sans baisser la tête ni traîner des pieds. Cyrille Louge, le metteur en scène, n’a pas son pareil pour faciliter ce rapprochement. Il propose un voyage sans a priori, un parcours où tous les obstacles s’effacent. Dans un décor épuré, à la ressemblance de l’univers graphique d’Isabelle Carrier, les marionnettes se déplacent avec douceur. Elles sont moelleuses, rondes et caressantes comme pour invalider les pointes et les angles de ce monde. Au bout du conte, les objets et les personnages sont affranchis des lois de la gravité, qui sont évidemment celles du sérieux et des idées reçues. Tout est tellement léger. On voudrait s’envoler

 

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