UBU ROI

 
 

Une farce pataphysique d'Alfred Jarry

 
 


En
1888, Alfred Jarry, quittant le lycée de Saint-Brieuc devient élève au lycée de Rennes. Là, M. Hébert, professeur de physique, incarne aux yeux de son public scolaire "tout le grotesque qui est au monde". L'enseignant devient le héros d’une littérature potache dont un texte intitulé "Les Polonais" que Jarry, en classe de première, va mettre en forme de comédie : c’est la plus  ancienne version d'Ubu Roi, pièce de théâtre pataphysicienne par excellence…
La pataphysique étant "la science des solutions imaginaires qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité", comme l'explique son fondateur le docteur Faustroll, Ubu Roi est une pièce de théâtre pataphysique qui conte l’histoire d’un couple monstrueux qui vocifère, complote, se goinfre, se bat, trahit, s’enrichit, détruit, s’enfuit...

 

Si Ubu Roi donna un énorme coup de pied au cul de la pratique théâtrale lors de sa création en 1896, l’œuvre n'est pas sans références. A la tragédie grecque tout d'abord  : son titre rappelle Œdipe roi de Sophocle. C'est ensuite à Shakespeare que Jarry se réfère de la première scène qui reprend le début de Macbeth, où Lady Macbeth convainc son mari de tuer le roi pour s'emparer du trône jusqu'à la dernière scène où le bateau des fuyards double la pointe danoise d'Elseneur, emplacement du château d'Hamlet. Ubu Roi fait également référence à la tragédie française, de Racine à Victor Hugo...

Remise à l'honneur en 1965 pour la télévision par Jean Christophe Averty dans une version d'animation, la pièce a été régulièrement reprise dans de nombreuses mises en scène multipliant les efforts de créativité : ambiances de surréalisme, de cirque, de science fiction, voire même de marché aux légumes…

Le spectacle proposé par Maldoror, avec douze comédiens, utilisant apports sonores et visuels, reprend l'essence originelle de la pièce dans une mise en scène privilégiant l'outrance des mots, des attitudes et des actions, cherchant à provoquer le rire bien sûr mais aussi une réflexion sur le ridicule et l'horreur de tous les totalitarismes. En effet, Ubu Roi, c'est la pièce de tous les abus : abus d'appétit, de pouvoir, de désordre, d’égoïsme, d’avarice, de lâcheté… Tout y est excessif, emphatique, hyperbolique et s'y exhibe, à la face du spectateur, un monstre idiot, aberrant, indécent : Le Père Ubu, patchwork de toutes les laideurs du monde, de nos appétits inférieurs et qui restera pour toujours l’archétype du despote cynique, cruel, stupide, mesquin et vulgaire, préfigurant étrangement les dictateurs du xx°siècle.

Avec :
David Deléam, Alice Fernandez, Alain Leclert, Pierre Ledru, Anne Isabelle "Zanou" Llanta, Marianne Manzano, Luc Rodaro, Marie-Claude Romagny, Yvon Rouaud, Barbara Poulain, Odile Prigent, Olivier Sadin.
Régie lumière et son : Julie Cotinaud, Amanda Hinault.
Mise en scène : Rémi Chagnoux.

Jeudi 16 mai, vendredi 17 mai, samedi 18 mai : 20h30
Dimanche 19 mai : 16h30
 Salle de conférences de l'Espace culturel Ste Anne  à Lannion